La
basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay est une ancienne
abbatiale française établie à
Vézelay en
Bourgogne, dans le
département de l'Yonne.
Sur la route qui mène à
Vézelay, la croix Montjoie symbolise la joie du pèlerin apercevant pour la première fois la basilique.
En effet, c'est à pied qu'il faut rejoindre ce haut lieu de la
chrétienté du
Moyen Âge, lieu de
pèlerinage important sur le
chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.
Le
tympan du
narthex de la basilique est un des chefs-d'œuvre de la sculpture
romane.
La basilique fait l’objet d’un classement au titre des
monuments historiques par la
liste de 18401. Elle est inscrite sur la
liste du patrimoine mondial de l'UNESCO en
1979.
Chronologie

Façade de la basilique. Construite au
XIIe siècle, modifiée au
XIIIe, elle fut restaurée au
XIXe par Eugène Viollet-le-Duc et le sculpteur Pascal.
Vers
858 ou
859, fondation d'un monastère de moniales par
Girart de Roussillon et sa femme Berthe à l'emplacement actuel de Saint-Père, placé sous l'invocation de la Vierge. Une bulle pontificale de
Nicolas Ier, en
863, garantit la protection directe par le Saint-Siège de l'abbaye de Vézelay qui échappe ainsi à l'autorité des
évêques d'Autun. Les privilèges de l'abbaye seront confirmés en
868 par le roi
Charles le Chauve.
En
873 l'abbaye de Saint-Père est dévastée par les
Normands qui remontent la
Seine, l'
Yonne et la
Cure. Les
moines bénédictins s'installent au sommet de la colline de Vézelay, l'abbaye passe sous le vocable de Saint-Pierre. Le
pape Jean VIII dédicace la première église
carolingienne du monastère en 878, dont la
crypte subsiste de nos jours.
En
882, à la suite de troubles provoqués par les
Sarrasins en Provence, un moine nommé Badilon est envoyé à
Saint-Maximin en
Provence pour ramener les reliques de
Marie de Magdala. Un deuxième incendie de l'abbaye arrive entre
907 et
927.
Les premiers conflits entre les abbés de Vézelay et les comtes de Nevers éclatent en
1027. Ces conflits reviennent en
1147, en
1149, en
1152, en
1161. Avec l'appui du comte de Nevers,
Landry de Nevers, l'abbé de Cluny,
Odilon, intervient à Vézelay pour rétablir l'ordre. Il chasse de l'abbaye de Vézelay l'abbé Hermann. Cette intervention de l'abbé de Cluny intervient à un moment d'affrontement entre Cluny, les évêques et la papauté. L'abbé de Cluny, Odilon, prétextant d'un privilège du pape
Grégoire V sur le libre choix du prélat consécrateur avait choisi un autre prélat que l'évêque du diocèse dont relevait Cluny. Les évêques réunis dans un concile à Anse en 1025 rappellent que ce privilège était en violation du canon IV du
concile de Chalcédoine qui soumettait les monastères à l'évêque de leur diocèse. Le
26 mars 1027 le pape
Jean XIX répond au cours d'un concile réuni à Rome par la primauté de l'église romaine, « tête et gond » de toutes les églises de la chrétienté. Il ajoute qu'une
traditio avait fait de Cluny la propriété de la seule papauté qui était, de ce fait, placé sous la seule juridiction de l'évêque de Rome. L'acte pontifical du 28 mars 1027 confirme l'exemption clunisienne. Pour justifier l'intervention de Cluny les responsables citent les privilèges apostoliques consacrant la liberté de l'abbaye de Vézelay face à la règle de soumission de l'abbaye à l'évêque du diocèse. Cette liberté était basée sur les privilèges pontificaux obtenus depuis
863. À partir de cette tradition rattachant Vézelay à Rome, les abbés de Cluny cherchent à obtenir que tous les monastères dépendant du siège de Rome relèvent de l'acte pontifical du
28 mars 1027. L'évêque
Adalbéron de Laon raille en 1027 le « roi Odilon ». Les évêques s'opposent violemment à cette intervention de Cluny.
Guillaume de Volpiano, pourtant proche de Cluny, écrit que la réforme de Vézelay était dangereuse pour Cluny. Cluny doit abandonner son projet et, Hermann, l'abbé « ignominieusement » chassé peut revenir à Vézelay avec ses moines.
En
1037, l'abbé Geoffroy remplace l'abbé Hermann et réforme l'abbaye. Il expose les reliques de Marie-Madeleine. Des miracles se produisent. Les pèlerins affluent et font de Vézelay une étape sur le
chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. En
1050 l'abbaye, qui était à l'origine placée sous l'invocation de sainte Marie, passe sous le patronage de Marie-Madeleine. En
1058 le pape reconnaît solennellement les reliques. Les textes ne permettent pas de connaître la succession des abbés de Vézelay entre
1050 et
1096, date de l'élection de l'abbé Artaud. On suppose que le rattachement de l'abbaye de Vézelay à l'abbaye de Cluny n'a pu intervenir qu'après la mort de l'abbé Geoffroy, probablement avant
1058, et que l'abbé de Cluny, Hugues de Semur, a rempli la fonction d'abbé de Vézelay pour rétablir la discipline monastique. C'est ce que laisse penser la
Vie de saint Hugues rédigée par Renaud de Semur vers
1126 : « Qui ramena l'église Sainte-Marie-Madeleine à la primitive observance régulière, si ce n'est ce saint homme ! ». Un acte délivré par le pape
Étienne IX en mars
1058 place l'abbaye de Vézelay au nombre des monastères soumis, à cette époque, à l'abbé Hugues de Cluny. Cette hypothèse est d'autant plus probable qu'un acte du pape
Victor II délivré le
11 juin 1055 confirmant les concessions de Cluny ne mentionne pas l'abbaye de Vézelay. En
1069 les textes mentionnent un abbé Boniface.
La réputation de l'abbaye permet au village de prospérer. Le bourg se développe et devient une ville qui attire de plus en plus de pèlerins tels que le
duc de Bourgogne Hugues II et sa cour en
1084. Ou, plus tard,
Bernard de Clairvaux (saint Bernard) qui vient pour prêcher la
2e croisade en
1146,
Philippe-Auguste et
Richard Cœur de Lion, avant leur départ pour la
3e croisade en
1190, ou encore
Louis IX en
1248… En
1076 le pape
Grégoire VII cite l'abbaye de Vézelay parmi les neuf abbayes soumises à l'
ordinatio de Cluny.
1096 : L'abbé Artaud entreprend l'édification d'une nouvelle église, un nouveau
chœur et un nouveau
transept sont construits, les travaux dureront jusqu'en
1104. Seule la
nef de l'église carolingienne sera conservée.
En
1098 l'
évêque d'Autun,
Norgaud de Toucy, (
1098-
1112), profitant de la querelle avec l'église de Saint-Maximin, jaloux de l'indépendance de l'abbaye, interdit le pèlerinage. Dans un acte du 15 novembre
1100 le pape
Pascal II confirme le rattachement de l'abbaye de Vézelay à celle de Cluny. Dans cet acte il réduit les dépendances de Cluny au rang de prieurés, mais autorise douze maisons à garder leur titre d'abbayes. Il rappelle que l'abbé doit être désigné, sans violence ni ruse, par l'accord de tous les frères ou par la
sanior pars, selon la Règle de saint Benoît, mais avec l'avis de l'abbé de Cluny. Ces abbayes, comme Vézelay, étaient souvent plus anciennes que Cluny et acceptaient mal cette dépendance. En
1103 les moines obtiennent l'appui du pape
Pascal II qui fait une bulle d'approbation des reliques.
Le
21 avril 1104 a lieu la dédicace du chœur et du transept de la nouvelle église. Mais en
1106 les habitants, qui ne supportent plus la charge du financement des travaux de construction de la nouvelle église, se révoltent et tuent l'abbé Artaud. Renaud de Semur (1106-7 août 1129), petit-neveu de l'abbé de Cluny
Hugues de Semur, devient abbé de Vézelay avant d'être
archevêque de Lyon. Les chapiteaux sont peut-être commencés dès cette date.
Nommé en
1116/1117 par l'abbé
Pons de Melgueil,
Pierre le Vénérable est
écolâtre et
prieur à Vézelay jusqu'en
1120 avant de rejoindre l'abbaye de Cluny et d'en devenir l'abbé en
1122. Il est probable qu'il a dû inspirer les thèmes des chapiteaux et des tympans
2.
Le
21 juillet 1120 c'est lors de la veillée de Sainte-Madeleine que la charpente de l'abbatiale prend feu et s'effondre (causant la mort de 1127 personnes d'après la
Chronique de Saint-Maixent). L'abbé Renaud de Semur,
reparator monasterii Vezeliacensis, entreprend la reconstruction de la nef. Elle est achevée vers
1132. Les irrégularités du plan de la nef près du transept sont dues au raccordement avec les piles de l'église de l'abbé Artaud. La construction aurait été entreprise d'ouest en est. Après
1125 les moines auraient fait appel au célèbre
Gislebertus d’Autun pour le
tympan du portail central qui offre, malgré les destructions révolutionnaires, quelques traces de son style. Par contre
Jean Adhémar attribue le tympan du portail central au maître des chapiteaux du déambulatoire de Cluny.
En
1129, malgré les avis répétés du pape
Calixte II en 1120 et
Honorius II en 1125, après le départ de Renaud de Semur qui a été nommé archevêque de Lyon, les moines passent outre l'avis de l'abbé de Cluny et désignent un abbé qui reçoit la bénédiction de l'évêque d'Autun trop heureux de rétablir son autorité sur l'abbaye. En
1131, avec l'approbation du pape
Innocent II, l'abbé de Cluny Pierre le Vénérable choisit le sous-prieur de Cluny, Albéric, comme abbé de Vézelay. Les moines rebelles à l'autorité de Cluny sont répartis dans des monastères clunisiens. Le nouvel abbé doit affronter l'opposition des moines, celle de l'
évêque d'Autun Étienne
Ier de Baugé puis Robert de Bourgogne, et l'hostilité des
comtes de Nevers Guillaume II et Guillaume III.
En
1132 consécration de la chapelle des pèlerins qui est très probablement la chapelle de l'hôtellerie. Après
1135 et l’achèvement de la nef, les travaux se poursuivirent par l’avant-nef, construction des trois travées du narthex roman à l'avant de la nef. Renaud de Semur avait voulu donner une signification particulière à sa réalisation grâce à un vaste programme sculpté : les trois portails de la nef ont été confiés à des sculpteurs dont le principal avait exécuté les chapiteaux de l’abside de Cluny. La construction de cette
avant-nef s'était imposée pour permettre la formation des processions comme à Cluny.
En
1138 Albéric est nommé cardinal-évêque d'Ostie. C'est le propre frère de l'abbé de Cluny Pierre le Vénérable, Ponce de Montboissier, qui est élu abbé de Vézelay. Ce nouvel abbé voulut assoir l'indépendance de l'abbaye vis-à-vis de l'évêque d'Autun. Entre
1145 et
1152 réalisation de la voûte de la chapelle Saint-Michel située à l'étage sur la tribune avec une croisée d'ogives, la plus ancienne de Bourgogne et l'une des plus anciennes de France. Consécration de la chapelle par Hugues d'Amiens,
archevêque de Rouen (1129-1164).
En
1151 le pape
Eugène III institue une enquête sur les droits respectifs des évêques d'Autun et des abbés de Vézelay.
31 mars 1146 : Le jour de
Pâques,
Bernard de Clairvaux,
abbé de Clairvaux, prêche la
seconde croisade sur le versant nord de la colline. En
1159, à la mort du pape
Adrien IV, élection du pape
Alexandre III. Une minorité de cardinaux favorables à l'empereur
Frédéric Barberousse élisent l'antipape
Victor IV. Alexandre III doit se réfugier à Sens en 1162 jusqu'en 1165. Pendant ce schisme l'abbé de Cluny soutient l'antipape Victor IV et celui de Vézelay, Guillaume de Mello,le pape Alexandre III.
En
1162 le pape Alexandre III, pour récompenser le soutien de l'abbé de Vézelay, permet à l'abbaye se séparer de la
congrégation de Cluny. L'abbaye s'affranchit de l'
évêque d'Autun en se plaçant sous la protection du
roi de France. En
1165 un incendie ravage la crypte située sous le chœur. C'est en
1166 que l'
archevêque de Cantorbéry Thomas Becket prononce dans l'église l'
excommunication du roi
Henri II d'Angleterre.
La construction d'un
chœur et d'un
transept gothique est entreprise en
1185 vraisemblablement à l'initiative de l'abbé Girard d'Arcy (1171-1198). Le
2 juillet 1190 l'armée
anglaise de
Richard Cœur de Lion et l'
armée française de
Philippe-Auguste partent de Vézelay pour la
3e croisade.
Le chœur a dû être terminé par l'abbé Gautier (
1207-
1216) qui a fait bâtir le transept. La fondation du premier couvent
franciscains de France, sur le flanc nord-est de la colline date de
1217. En
1265 deux légats pontificaux viennent spécialement à l'abbaye pour procéder à une nouvelle reconnaissance des reliques de Sainte Marie-Madeleine. Mais en
1279, l'ouverture du tombeau de la sainte à
Saint-Maximin confirme qu'il contenait bien les reliques de la sainte. Les pèlerins vont progressivement se détourner de l'abbaye. Le pape
Boniface VIII prend alors le parti de l'abbaye de Saint-Maximin.
Vers
1347 construction de la tour occidentale en style gothique. Ce sera le dernier grand chantier de l'abbaye avant son déclin. L'Abbé de Vézelay délivre un certificat le
10 février 1449 constatant les titres établissant l'exemption de l'Abbé de l'
Abbaye de Saint-Martin d'Autun de la juridiction de l'évêque d'Autun au sujet d'
Anzy3.
En
1458 le pape
Pie II constate que les pèlerins ont délaissé l'abbaye et que les aumônes sont faibles. En
1537 le pape
Paul III sécularise l'abbaye. Les moines sont remplacés par quinze chanoines séculiers placés sous l'autorité d'un abbé nommé par le roi. Au cours des années
1568 et
1569 l'abbaye est occupée et mise à sac par les
huguenots. L'abbé est dépouillé de sa prétendue
juridiction quasi épiscopale en
1673 par arrêt du Conseil. En
1760 les bâtiments abbatiaux à l'abandon sont partiellement vendus et démolis.
- La Révolution
En
1790 l'abbatiale de Sainte Marie-Madeleine devient une simple église paroissiale. L'abbaye, vendue à la
Révolution, a servi de carrière de pierres : il n'en reste pratiquement rien. Seule la
salle capitulaire est encore en bon état de conservation, servant aujourd'hui de chapelle. Le long de cette salle, il reste quelques arcades du cloître. Les maisons adjacentes portent toutes des traces des bâtiments conventuels qui étaient sans doute de grande proportion. En
1793 les sculptures extérieures des portails sont martelées.
- XIXe - XXe siècle
Le 22 octobre
1819 nouvel incendie dû à la foudre qui s'est abattue sur la tour Saint-Michel. C'est en
1840 qu'intervient
Eugène Viollet-le-Duc pour la restauration du bâtiment, suite à l'inspection faite par
Prosper Mérimée, et le placement sur la
liste des monuments historiques de 18401. Cette protection au titre des
monuments historiques inclut le bâtiment des moines, comme confirmé par la
Commission supérieure des monuments historiques du 25 mars 1968
1. La restauration s'achève en
1876 par la remise des reliques de
Sainte Marie-Madeleine et le rétablissement des pèlerinages qui seront de nouveaux arrêtés en
1912.
Enfin en
1920, Sainte Marie-Madeleine est érigée au rang de
basilique et les pèlerinages peuvent enfin reprendre. À partir de
1945 retour des moines avec la venue d'une petite équipe de bénédictins de l'
abbaye de la Pierre-Qui-Vire. Entre
1953 et
1993 les franciscains succèdent aux moines de la Pierre-qui-Vire. Depuis 1993 à la demande de l'Archevêque de Sens et Auxerre, les Fraternités Monastiques de Jérusalem assurent l'animation liturgique de la basilique et proposent des visites de l'édifice pour en faire découvrir toutes les richesses spirituelles et architecturales.

Vue de la nef depuis le chœur de la basilique. On distingue d'abord la croisée du transept, puis la nef (en arrière-plan).
Liste des abbés
Le chapitre est composé d'un abbé à la nomination du roi, d'un doyen, d'un archidiacre, d'un chantre et de douze chanoines, alternativement à la nomination du roi et de l'abbé qui est seigneur de la ville (liste non exhaustive)
- Abbés réguliers
- 878 & 897 - Eudes ou Odon.
- 907 & 933 - Aimon . De son temps l'abbaye fut réduite en cendres.
- 941 & 973 - Gui
- 956 - Gérard
- 974 & 986 - Eldrard
- S - D - Robert I
- 1008 - Evrard . Henri duc de Bourgogne chargea Maïeul, alors abbé de Saint-Bénigme de rétablir ce monastère.
- 1011 - Erman
- 1037 & 1049 - Geoffroi I
- 1052 - Boniface
- 1074 - Bernon
- 1083 - Etienne
- 1087 - Joceran
- 1096 - Arnaud De son temps, Hugues, abbé de Cluny, mit la réforme. Arnaud fit dédier la nouvelle église en 1104 et fut tué quelque temps après par ses vassaux.
- S - D - Robert II
- 1106 - 1129 - Rainaud de Semur, neveu de Saint Hugues, béni par Pascal II en 1106 et mourut le 7 août 1129
- 1130 - Albéric était abbé à cette date suivant la chronique qui se trouvant dans le tome I de la bibliothèque du Père Labbe (p. 397); Innocent II le créa Cardinal, Évêque d'Ostie. Il fut chargé de plusieurs ambassades en Angleterre, en Syrie et en France. Il ne fut abbé de Vézelay que très peu de temps et eut pour successeur Guillaume I de Sabran, moine de Cluny, qui devint évêque de Langres en 1136.
- 1146 ca - Ponce de Montboissier serait le frère utérin de Pierre le Vénérable. Il eut de grands différends avec Humbert, évêque d'Autun, avec son successeur, Henri, ainsi qu'avec Guillaume comte de Nevers. Il ordonna à Hugues de Poitiers de rédiger l'Histoire de Vézelay4. Il est décédé le 14 octobre 1161. Ce fut de son temps le 31 mars 1146 que se tint à Vézelay cette assemblée où l'on résolut une nouvelle croisade.
- 1162 ca - Guillaume I de Mello' ou de La Roche Merlot fut transféré de Saint-Martin de Pontoise à Vézelay le jour même de la mort de Ponce et confirmé par le Cardinal Otton, Légat du Saint-Siége, malgré Guillaume, Comte de Nevers, de la part de qui il eut beaucoup à souffrir. Il se trouva en 1162 à l'entrevue qui se fit à Saint-Jean de Laune entre Louis VII et l'empereur Frédéric. Puis, l'année suivante, il était au Concile de Tours. Il fonda un prieuré de filles dit de Merlon à trois lieues de Clermont en Beauvoisis et décéda en 1171.
- 1171 - Girard, mourut le 15 avril 1198
- 1198 - Hugues I, religieux de Vézelay, élu en 1198, déposé en 1208, par Innocent III pour avoir endetté le monastère.
- 1208 - 1216 - Gauthier
- 1216 - 1226 - Pierre I
- 1226 - 1229 - Savaric
- 1230 - 1245 - Guichard fut démis en 1245.
- 1248 - 1252 - Hugues II abbé de la Chapelle, transféré à Vézelay en 1248.
- 1252 - Jean I d'Auxerre, élu en 1252, c'est lui ou son successeur qui exposa les reliques de sainte Magdeleine qui furent déposées dans une châsse d'argent en 1267 en présence de Saint-Louis
- 1274 - Jean II décéda au concile de Lyon en 1274.
- 1281 - Milon de la Colombe ou des Colombiers; mourut en 1281
- 1281 - 1287 - Geoffroi II, élu en 1281, se démit en 1287
- 1287 - 1290 - Guillaume II
- 1290 - 1316 - Hugues III d'Auxy
- 1316 - 1316 - Blenet décéda avant d'être confirmé
- S - D - Guillaume III transféré à Molesme d'où il avait été tiré.
- S - D - Jean III de Conflans que l'on dit avoir permuté pour l'abbaye Saint-Médard de Soissons avec le suivant
- 1316 & 1328 - Artaud de Flotte fils du chancelier Pierre de Flotte
- 1335 - Jean IV d'Arsy
- S - D - Nicolas I de Meldun conseiller du roi
- 1377 - Hugues IV de Maison-Comte
- 1408 - Josseran de Pomeroy ou de Pomiers
- S - D - Pierre II de Modon assista au concile de Pise
- 1433 & 1437 - Alexandre
- 1443 - Guillaume IV de Malestroit
- 1457 - Aubert de La Chasse surnommé Le Bon Abbé
- 1485 & 1494 - Pierre III de Balzac
- S - D - Pierre IV l'Usurier procureur de l'abbaye, élu par les religieux, fut obligé de céder au précédent.
- 1495 - Dieu Donné de Beduer, dernier abbé régulier de Vézelay élu en 1495, était auparavant chanoine régulier de Saint-Antoine de Viennois. De son temps François Ier voulut faire ériger Vézelay en siège épiscopal. N'ayant point obtenu cette érection il se contenta de la sécularisation. La Bulle accordée à ce sujet par Paul III est du 3 des Ides de janvier 1537. Philibert de Beaujeu, évêque de Bethléem, la fulmina le 16 avril suivant. Dieu-Donné décéda en 1542
- Abbés commendataires
- S - D - Antoine Sanguin, cardinal de Meudon
- 1560 & 1561 - Odon ou Odet de Coligny, cardinal de Châtillon
- 1573 & 1580 - Louis-Charles ou Louis de Lorraine, cardinal de Guise
- 1587 & 1592 - Nicolas II Jannin
- 1593 - Jean V Jurain
- 1601 & 1621 - Erard de Rochefort de Pluvault, doyen d'Autun et d'Auxerre, abbé répara l'abbaye.
- 1630 & 1658 - François de Rochefort
- 1658 - 1702 - Louis Fouquet, évêque d'Agde
- 1702 - 1758 - Pierre V Guérin de Tencin, archidiacre de Sens, nommé le 15 avril 1702, fut ensuite archevêque d'Embrun, décéda archevêque de Lyon et cardinal le 2 mars 1758
- 1760 - 1769 - Anne-Louis Berthier de Sauvigny, ancien doyen, nommé au mois de février 1760, il décéda au début de 1769, il fut aussi abbé de Saint Séver du Cap.
- 1769 - Louis-Marie Le Bascle d'Argenteuil, ancien aumônier du Roi, également abbé de Châtillon-sur-Seine.
On trouve également le nom de Guillaume L'Auverjat, qualifié d'abbé au
XVe siècle, dans le nécrologue de Notre-Dame de Nevers
5.
La basilique aujourd'hui
La basilique est classée au
patrimoine mondial de l'
UNESCO en
1979. Le 7 octobre
1993, sous les auspices de l'UNESCO et de la
Présidence de la République, a lieu la recréation française télévisée de la
Messe solennelle d'
Hector Berlioz, par le chœur et l'orchestre de la Philharmonie de
Cracovie, sous la direction de
Jean-Paul Penin.
Depuis
1993, les
Fraternités monastiques de Jérusalem ont en charge l'animation spirituelle de la basilique en y célébrant trois fois par jour la liturgie, en renouant avec les liturgies de
Noël, du
dimanche des Rameaux, des vigiles pascales et de la grande fête de
Pâques. Moines et moniales assurent aussi les visites de la basilique tout au long de l'année et vivent de leur travail à mi-temps (pour préserver leur vie contemplative) en assurant le secrétariat des visites, le secrétariat de l'accueil spirituel. Ils accueillent tous ceux qui le désirent dans deux hôtelleries (Maisons Béthanie et Saint-Bernard). Ils tiennent un magasin à côté de la basilique, « La Pierre d'Angle ».
La basilique de Vézelay est également une
paroisse dont le recteur actuel est Monseigneur François Tricard.
Vézelay et la lumière

Nef de la basilique, le 23 juin 1976 à 14h27. Photographie de François Walch
En
1976 après plus de huit siècles, Hugues Delautre (1922-2008) l'un des pères
franciscains chargés depuis
1966 de la desserte du sanctuaire de Vézelay, découvre que non seulement l'axe d'orientation de La Madeleine, mais aussi sa structure interne, ont été déterminés en tenant compte de la position de la terre par rapport au soleil. Chaque année la fête de
Jean-Baptiste révèle les dimensions cosmiques de cette église : au plein
midi du
solstice d'été, quand le soleil est en
culmination par rapport à la terre la
lumière venue des fenêtres sud projette des flaques lumineuses qui s'établissent dans le plein milieu de la
nef avec une rigoureuse précision
6,7,8,9. (voir photographie ci-contre)
Pour atteindre la signification de ce signe objectif le Père Hugues Delautre se réfère aux textes du
XIIe siècle (
Suger de Saint-Denis,
Pierre le Vénérable,
Honoré d'Autun) et habite longuement le monument avec la mentalité symbolique de l'époque pour laquelle le sens se révèle à partir des signes sensibles par la voie
anagogique (littéralement ascension vers l'Incréé) où le regard dépasse la réalité du signe pour atteindre cet au-delà du signe qui est Dieu et son mystère. Se laissant informer progressivement par la lumière de Vézelay, il conclut ainsi : « Le bâtisseur, fasciné par la beauté de l'
univers qu'il reconnaît être l'œuvre de Dieu, n'a-t-il pas édifié cet « atrium du Ciel » à l'image de Dieu qui a créé « dans l'ordre, la mesure et la beauté » ? Il pourrait affirmer comme
Salomon qui a construit le
Temple de Jérusalem dans une totale soumission aux normes directrices fixées par Dieu : « Tu m'as ordonné de bâtir un temple, sur ta montagne sainte… une copie de la Demeure sacrée que tu fondas dès l'origine » (Sagesse 9, 8). La nef est l'expression de la soumission admirative de l'homme roman à l'égard de l'ordonnance du plan divin exprimé dans la création tout entière. « Les Cieux racontent la gloire de Dieu et l'œuvre de ses mains le firmament la clame » (Psaume 18, 2) ».
Quelques dimensions et caractéristiques

Vue de la nef vers le narthex - dessin de Viollet-le-Duc.
- Longueur extérieure : 120 m
- Le narthex
- Largeur intérieure du narthex : 23,5 m10
- longueur du narthex : 22 m
- hauteur du narthex : 19,5 m
- La nef
- Longueur de la nef : 62,50 mètres
- Hauteur des voûtes du vaisseau central de la nef : 18,55 mètres
- Largeur de la nef, y compris ses deux collatéraux : 23,25 m
- Largeur du vaisseau central entre les deux axes des piles : 11 m
- Largeur de chaque collatéral : 6,2 m
- hauteur de chaque collatéral : 7,5 m
- Le chœur
- Hauteur sous voûte du chœur : 22 m
- Longueur du chœur : 26,6 m
- Largeur du chœur : 10,65 m
- Les tours
- Hauteur de la tour Saint-Michel : 38 m
- Hauteur de la tour Saint-Antoine : 35 m
- Autres
- Les piles de la nef sont cruciformes avec quatre demi-colonnes engagées. Chaque pile fait 2,5 mètres de large.
- L'élévation de la nef est à deux niveaux (grandes arcades et fenêtres hautes). Celle du chœur est à trois niveaux (grandes arcades, triforium aveugle et fenêtres hautes). Quant au narthex, il comporte deux niveaux : grandes arcades et tribunes.
- La voûte de chaque travée du vaisseau central de la nef pèse 45 tonnes.
L'extérieur de la basilique
Chef-d'œuvre d'
architecture romane du
XIIe siècle, la basilique fut rénovée par
Viollet-le-Duc à partir de
1840. L'église figure sur la première
liste des monuments historiques de 1840.
Façade latérale sud de la Basilique. Photo prise depuis l'ouest en direction de l'est. Au fond, le croisillon sud avec la tour Saint-Antoine.
La façade ouest de la basilique avec ses trois portails, dont seul le grand portail central possède un tympan sculpté
Façade latérale sud. Photo prise depuis l'est en direction de l'ouest. On voit la tour Saint-Michel à gauche, suivie du narthex à un étage (tribunes) et de la nef.
La façade occidentale
Elle a été profondément remaniée au
XIXe siècle. La façade d'origine avait déjà été modifiée dès le
XIIIe siècle par l'adjonction du grand
pignon, comportant d'étroites baies élancées. Elle présente trois portails dont seul le portail central est doté d'un tympan sculpté.
Le pignon de la façade présente une disposition très originale. Car non seulement il sert à masquer les combles de l'édifice - ce que font normalement tous les pignons -, mais il sert aussi de tympan aux voûtes du narthex. Les baies de la partie inférieure de ce pignon forment en effet un jour qui procure de la lumière au narthex. Fait très rare, les rampants de ce pignon, au lieu d'être rectilignes, sont formés par deux courbes formant un arc brisé.
Les statues qui décorent la partie supérieure de ce pignon représentent, au sommet, le Christ assis, tenant le livre des Évangiles et bénissant ; deux anges portent une large couronne au-dessus de sa tête. À la droite du Christ, se trouve la
Vierge, à sa gauche
Marie-Madeleine. Enfin aux deux extrémités du groupe deux anges sont représentés.
Entre les fines baies de la façade situées dans la partie inférieure du pignon, et éclairant le narthex, on peut voir de grandes statues de saints :
saint Jean l'Évangéliste,
saint André,
Jean le Baptiste,
saint Pierre,
saint Paul et
saint Benoît.
Façade de la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay : le pignon avec ses baies allongées, encadrées de statues de saints, le tout construit au XIIIe siècle.
Deux tours devaient compléter l'ensemble, mais celle de gauche ne fut jamais construite. Celle de droite, ou tour Saint-Michel, se termine par une plate-forme et est accessible par un escalier débutant dans le narthex (du sommet, on a une vue absolument splendide). Construite au
XIVe siècle, la tour est de style gothique.
Le tympan du Jugement Dernier
Le
tympan qui surmonte le portail central de la façade représente le
Jugement dernier. Il fut exécuté en
1856 par le sculpteur Pascal, sous la direction de l'architecte
Viollet-le-Duc. La réalisation de ce tympan au
XIXe siècle, dans le style néo-roman, fortement critiquée au départ, semble cependant être une bonne réussite. L'ancien tympan, qui avait été martelé à la Révolution et était devenu presque lisse, a été replacé contre le mur extérieur de la huitième travée de la nef, du côté sud (à droite).
La composition est classique et inspirée d'autres Jugements Derniers de la même époque. Au centre le Christ préside la scène, les deux bras grand ouverts. À ses pieds, à sa gauche, l'
archange saint Michel, un diable hideux à ses côtés, procède à la pesée des âmes. Les damnés, généralement nus, se dirigent vers l'enfer et sont avalés par la gueule d'un monstrueux Léviathan. À la droite du Christ, les élus sont menés vers la Jérusalem Céleste.
Le chœur et le chevet
Le chœur est d'époque gothique. Vers
1185-
1190, sous l'abbatiat de Girard d'Arcy, un
transept et un
chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes
gothiques voûté d'ogives y ont été construits, suite à l'effondrement du chœur roman d'origine.
Vue du chevet et des chapelles absidiales
Le chœur et les chapelles datent de la fin du XIIe siècle et sont de style gothique.
Le narthex et ses tribunes. À droite, la tribune latérale sud s'ouvre sur la partie centrale du narthex par des petits arcs en plein cintre reposant sur des colonnettes. À gauche : départ de la tribune centrale, également appelée chapelle Saint-Michel.
L'intérieur de la basilique
Le narthex
Le
narthex est d'époque romane ; il fut construit vers
1145-
1150 après la nef. La construction de cette avant-nef s'était imposée pour permettre la formation des processions comme à Cluny.
Profond de trois travées, il est de vaste dimension : à peu près carré, il mesure
23,5 mètres de largeur sur 22 de profondeur et comporte trois vaisseaux comme la nef.
Au fond du narthex, trois portails s'ouvrent sur la nef de la basilique ; ils sont chacun surmontés d'un tympan sculpté. Deux petits portails encadrent le grand portail. Celui de droite est consacré à l'Enfance du Christ, celui de gauche, à des scènes après la Résurrection. Le portail central traite de deux thèmes : le Christ monté au Ciel, trônant en gloire à la droite du Père, accomplit la promesse qu'il a faite aux apôtres le jour de l'Ascension, il les remplit du don du Saint-Esprit à la Pentecôte.
Jean Adhémar y voyait une illustration du
De Miraculis de l'abbé de Cluny, Pierre le Vénérable
Une particularité : il possède un étage de larges tribunes, contrairement au reste de l'édifice. Celles-ci surmontent les deux collatéraux ainsi que la troisième travée du vaisseau central. Cette dernière tribune (au-dessus du grand portail situé au fond du narthex), ou tribune centrale, ouvre sur la nef. La balustrade de cette tribune centrale est ornée d'une frise d'arcs en mitre. Détail très important : la voûte sur cette tribune centrale est gothique et possède des arcs ogives. C'est un des premiers exemples qu'il y ait en France de ce genre de structure, les autres voûtes du narthex étant romanes, d'arêtes très surhaussées. Les tribunes latérales qui se trouvent au-dessus des collatéraux s'ouvrent sur la partie centrale par des petits arcs en plein cintre reposant sur des colonnettes.
Eugène Viollet-le-Duc qui donnait aux narthex le nom de « porches fermés », estimait que celui de Vézelay était « certainement une des œuvres les plus remarquables du Moyen Âge » et en fit plusieurs fort beaux croquis
11.
Les travaux de
ferronnerie ont été confiés à
Pierre Boulanger qui réalisa toutes les
pentures et serrures des portes à l'intérieur du narthex
12 et de la porte extérieure d'accès à la nef latérale nord
13.
La porte de gauche du narthex
Serrure de la porte du narthex
Coupe sur le narthex ou avant-nef
Vue perspective de l'intérieur du narthex, prise de la galerie qui traverse la façade.
Plan du narthex : à droite au niveau du rez-de-chaussée ; à gauche au niveau des tribunes.
Le portail central du narthex et son tympan

Le portail central du narthex de la Basilique et son tympan. Ouverture du portail pour la sortie de la messe.
Le tympan du portail central, ou grand tympan du narthex, est un des plus grands chefs-d'œuvre de l'art
sculptural roman en France. Il représente la création historique de l'Église, avec le Christ bénissant les apôtres et leur assignant la mission de convertir les nations. Cette thématique est tout à fait unique dans l'art roman. Toute la scène est organisée autour du
Christ en gloire. Ce dernier domine les autres personnages par sa taille. Celle-ci est en effet proportionnelle à l'importance des personnages représentés.
Le visage impassible du Christ contraste avec sa position en forme d'éclair et le mouvement tourbillonnant de ses vêtements. Des rayons partent latéralement de ses mains, en direction des apôtres. Cela symbolise la transmission de l'esprit du Christ ainsi que l'attribution d'une mission à ces derniers : « Allez et enseignez toutes les Nations ».
Les douze apôtres tiennent à la main le livre Sacré et sont prêts à partir aux quatre coins du monde. Et ce monde est représenté dans toute sa diversité : dans huit caissons, disposés en demi-cercle en bordure supérieure du tympan, on peut reconnaître de gauche à droite, d'abord deux apôtres en train d'écrire, puis les Juifs, les Cappadociens, les Arabes semble-t-il, les Cynocéphales censés habiter aux Indes, les Phrygiens, les Byzantins et les Arméniens.
Dans la première
voussure entourant ce tympan, les signes du
zodiaque alternent avec les travaux des mois.
Au
linteau, on a représenté les peuples connus (à gauche) et inconnus (à droite) marchant vers le centre, c'est-à-dire l'Église du Christ, symbole de leur conversion. Peuples connus et inconnus se dirigent ainsi vers deux personnages de haute taille placés aux pieds du Christ et qui doivent amener ces peuples à ce dernier ; il s'agit de
saint Pierre, reconnaissable grâce à sa clé, et
saint Paul, les deux piliers principaux de l'Église.
Au
trumeau de ce portail central se dresse la statue de
Jean le Baptiste, Précurseur du Christ. Il tient de la main droite son traditionnel plateau, portant l'agneau mystique surmonté de la croix.
Le tympan central du narthex fut sculpté vers 1125-1130. Au linteau de gauche, les peuples connus et au linteau de droite, les peuples inconnus. Dans la première voussure, les signes du zodiaque alternent avec les travaux des mois.
Caisson du haut, les Byzantins. Caisson du bas, les Arméniens. Les médaillons de la voussure : le Scorpion, un paysan tue un porc, le Sagittaire. Sur le linteau, les peuples inconnus: de droite à gauche, les
Panotéens (aux grandes oreilles), les Pygmées dont l'un utilise une échelle pour monter à cheval, les Macrobii des Indes (peuple de géants).
Le portail de droite
Le tympan du portail de droite (au sud) est consacré à Marie et à la Nativité. On y voit l'Annonciation, la Visitation, la naissance du Christ ou Nativité et aussi l'Adoration des Rois Mages.
Le portail sud ou portail de droite. En bas, au centre gauche : l'Ange à l'olifant
Le tympan du portail sud. Son registre supérieur représente l'Adoration des Mages
Le portail de gauche
Le tympan de gauche (au nord) représente deux scènes liées à la vie du Christ ressuscité. Le registre supérieur représente soit l'Ascension soit une apparition du Christ ressuscité aux apôtres.
Le registre inférieur retrace la rencontre d'Emmaüs, où les disciples reconnaissent le Christ au partage du pain.
Le portail nord ou portail de gauche et son tympan. En bas, perspective ouverte sur le collatéral nord de la nef.
Le portail nord s'ouvrant sur le collatéral de la nef
Une des piles du narthex avec ses 4 colonnes engagées et ses chapiteaux. Ici : Samson terrassant le lion
La nef

Vue du bas-côté sud de la nef

Détail de la nef : la frise enjambant une pile.
Plus longue (
62 m) que celle des grandes cathédrales françaises comme
Notre-Dame de Paris (
60 m) ou
Notre-Dame d'Amiens (
54 m), la large
nef est impressionnante. Plus claire que le narthex, elle apparaît comme un long chemin vers le chœur.
Cette nef
romane fut achevée en
1140, sous l'abbatiat de Ponce de Montboissier.
Comme dans le narthex, son élévation est à deux niveaux (grandes arcades donnant sur le collatéral, et fenêtres hautes). Elle comporte dix travées dont neuf avec des
voûtes d'arêtes séparées par des
arcs-doubleaux en plein-cintre, supportés par des colonnes à trois étages. Elle comporte deux bas-côtés, voûtés d'arêtes eux aussi et reposant sur des colonnes à chapiteaux historiés. Les arcs-doubleaux sont bicolores du fait de l'alternance entre les
claveaux clairs et les claveaux foncés qui les composent.
La dernière travée de la nef, qui jouxte le transept est voûtée d'ogives, ceci pour ménager une transition avec la croisée du transept où débute la partie gothique de l'édifice (chœur et transept). Elle est donc plus haute que les travées de la nef précédentes.
La nef frappe par sa grande clarté, si on la compare avec d'autres sanctuaires
romans. Cela est dû à plusieurs facteurs : la position de l'édifice au sommet d'une colline abondamment baignée par les rayons du soleil, la présence de fenêtres hautes donnant directement dans le vaisseau et aussi larges que le permettait la technique romane, l'absence de vitraux également, et les collatéraux, eux aussi dotés de baies de bonne dimension.
Dépouillée de mobilier et de vitraux, les seuls ornements de l'édifice sont constitués par les décors sculptés liés à son architecture, ce qui accentue l'horizontalité des lieux : frise d'
oves,
chapiteaux étonnamment et superbement décorés des colonnes et bases des piles élégamment travaillées. Séparant les deux niveaux de l'édifice un joli ruban plissé court sous les voûtes tout au long des
murs gouttereaux, enjambant les
abaques (ou
tailloirs) des puissantes piles.
La nef et sa voûte romane pendant un office religieux.
Les parties hautes de la nef vues depuis le collatéral sud : au premier plan, la
5e pile côté sud dont le chapiteau représente
David et le lion, en arrière-plan, les fenêtres hautes du côté nord de la nef surmontant les arcades donnant sur le collatéral nord.
Les
voûtes d'arêtes qui recouvrent la large
nef sont rarement utilisées sur d'aussi grandes
portées dans l'
architecture romane. Cette technique est généralement réservée aux
collatéraux. Ce procédé présente dans tous les cas l'avantage d'alléger la pression sur les murs porteurs et donc de permettre la création de fenêtres plus grandes (quoiqu'encore de taille assez réduite comme le montrent les photos). Mais il ne résout pas le problème des poussées et du poids. Ainsi à Vézelay, la déformation (le devers) des murs est bien visible si l'on se place dans le
chœur. Elle était inévitable si l'on considère l'énorme poids de
45 tonnes par travée que les murs devaient supporter. Cette déformation fut rapidement constatée à l'époque, si bien qu'on dut maintenir la voûte, d'abord grâce à des
tirants de fer traversant la nef, puis au
XIIIe siècle par de solides
arcs-boutants extérieurs. Notons que le narthex, puissamment épaulé par ses hauts collatéraux à étage, et doté en outre de voûtes à berceau brisé très surélevées, n'eut pas le même problème et n'a donc pas eu besoin d'arcs-boutants.

Un chapiteau de la nef :
Le combat de David contre Goliath. À gauche, David brandit sa fronde. À droite, il tue Goliath. (
4e pile côté nord)
Pour un sanctuaire comme Vézelay qui recherchait avant tout la lumière, l'évolution vers le gothique était indispensable, et c'est ce qui advint rapidement avec l'édification dès la fin du siècle d'un chœur et d'un transept gothique, soixante-cinq ans seulement après le début de la construction romane de cette nouvelle église.

Le célèbre
Moulin Mystique, chef-d'œuvre de la sculpture romane. Moïse verse le grain dans le moulin et saint Paul le recueille. Le moulin, actionné par une roue marquée d'une croix, représente le Christ. La sculpture symbolise le lien entre Ancien et Nouveau Testaments.
Les chapiteaux de la nef
Les colonnes engagées dans les piles de la nef (et du narthex), sont surmontées de superbes
chapiteaux sculptés datant du
XIIe siècle. Ces remarquables sculptures datent des années 1125-1140, c'est-à-dire de l'époque du roi
Louis VI le Gros et de son fils
Louis VII le Jeune. Ils montrent l'extraordinaire maîtrise de la pierre dont firent preuve les sculpteurs bourguignons du Moyen Âge.
Les
chapiteaux sont parfois, mais rarement sculptés de feuillages ; ils sont pour la plupart historiés et représentent une série de thèmes et sujets bibliques, mythologiques ou fantastiques d'une grande richesse (parmi les plus célèbres, on peut citer le fameux
Moulin mystique). On trouve aussi un certain nombre de thèmes moralisants, avec à l'avant-plan le châtiment des méchants. Enfin d'autres chapiteaux décrivent certains épisodes de la vie des saints.
L'ensemble des 118 chapiteaux de la basilique (94 pour la nef et 24 pour le narthex), probablement réalisés par un atelier de cinq maîtres-sculpteurs, est le plus important de la Bourgogne avec celui de la
cathédrale Saint-Lazare d'Autun. Parmi eux, seuls huit ont été refaits au
XIXe siècle. Les fragments originaux de ces derniers se trouvent alors au musée lapidaire. Les chapiteaux refaits se remarquent aisément à la couleur blanche de la pierre.
Certains sujets paraissent fort étranges. L'
Enlèvement de Ganymède par Zeus par exemple, sujet païen et homosexuel de surcroît, semble tout à fait déplacé et anormal dans une église chrétienne, au point que l'on s'est demandé si la scène ne représentait pas autre chose. Certaines rares scènes sont obscures et n'ont pas encore été interprétées.
L'enlèvement de Ganymède : Zeus, se transformant en aigle, l'enlève pour en faire son amant et l'échanson des dieux
Adam et Ève, le serpent et le péché originel.
Les pélicans, symboles d'amour paternel et de don de soi
Hérode et Hérodiade, Hérodiade demande la tête de Jean Baptiste à son époux
Moïse et le veau d'or : À droite, un homme apporte une chèvre pour la sacrifier au Veau d'or chevauché par un démon ; à gauche, Moïse brandit un bâton et les Tables de la Loi (
6e pile côté nord).
La conversion de saint Eustache ou de saint Hubert (
3e pile, côté sud de la nef).
Mort du mauvais riche, deux démons s'emparent immédiatement de son âme. Sous le lit du mort se trouve un serpent, symbole du Mal.
Mort du pauvre Lazare (le personnage de la parabole de l'évangile de Luc, et non celui ressuscité par Jésus); son âme monte au ciel dans une mandorle, accueillie par deux anges.
Les chapiteaux du narthex
Tout aussi splendides que les chapiteaux de la nef, ceux du narthex datent de la même époque et traitent le même type de thèmes. Ils sont en général en excellent état de conservation.
Saint Pierre et saint Paul priant pour la conversion du monde entravé par le Mal.
La décollation de saint Jean-Baptiste. Le bourreau lui tire les cheveux avant de lui trancher la tête